• Centenaire survivant des camps de travail allemands

    Émile Lebret est né à Quercy, le 8 juillet 1912, dans une famille de petits agriculteurs. Il fréquenta l'école communale jusqu'à 13 ans. Il commença ensuite à travailler à la ferme de ses parents. Tout jeune, il apprit à travailler avec les chevaux pour lesquels il a toujours eu une attirance particulière. À 20 ans, en 1932, Emile fut appelé sous les drapeaux. Il fit son service militaire au 19e dragon de Dinan et termina au grade de brigadier. Il y apprit l'art du dressage et de la voltige.

    À la fin de son service, Emile revint à la ferme familiale et y resta jusqu'au 2 septembre 1939, date à laquelle il fut mobilisé avec son frère. Le 10 juin 1940, il fut fait prisonnier. Avec ses camarades de régiment, il fut enfermé au camp de Mailly. Puis en septembre 1940, un train de wagons à bestiaux les déporta vers l'Allemagne, puis ils furent parqués dans un camp près de Nuremberg. C'est là qu'il connut les plus durs moments de sa vie : conditions de travail éprouvantes et quasi-absence de nourriture.

    La chance survint, quelques mois plus tard, quand on le transféra dans un camp plus petit : celui de Niederlungwitz. De là, il fut affecté à travailler dans une ferme : ses conditions de vie devinrent alors bien meilleures. Ayant passé près de quatre années en captivité, Emile s'enfuit en avril 1945, alors qu’il venait d’apprendre l'avancée des troupes soviétiques à l'Est. La providence le mena à la rencontre de l'armée américaine et  en France. Il arriva à la gare de Plestan le 1er mai 1945. Lorsqu'il revint à la ferme familiale, il fit la rencontre de Marie. Ils se marièrent en 1948. En 1953, ils eurent un fils. En 1985, Marie et Emile cessèrent leurs activités dans la ferme de Quercy.

    Centenaire survivant des camps de travail allemands

     

     

    Aujourd’hui, à 103 ans, Emile est demeuré très actif. Même s'il a dû récemment arrêter le vélo par crainte des chutes, il s'occupe encore de son jardin. L'hiver dernier, il a coupé tout son bois pour le poêle avec une scie.

     

    «C'est dans les gènes», répond Émile, amusé, quand on lui demande sa recette. Son père est décédé à 92 ans et était, lui aussi, le doyen de la commune. Sa longévité, Émile la doit aussi à un optimisme inaltérable, notamment quand il est resté cinq ans aux mains des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

     

    Pendant cette captivité, il a travaillé dans la ferme des parents de Roland Ulbricht. C'est comme s'il faisait partie de la famille, il mangeait même à leur table. Le centenaire parle d'ailleurs encore allemand. Une amitié s'est nouée entre les deux hommes. Roland, 80 ans, vit aujourd'hui avec sa famille à côté de Chemnitz, en ex-RDA. Ses petits-enfants ont le même âge que ceux d'Émile. Depuis la chute du Mur, il vient régulièrement en famille voir son ami. Bien sûr, ils étaient là pour fêter son centenaire, le 8 juillet 2012.

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